Pinterest, sur l’écran, ce n’est qu’un réseau social de plus. Perdu entre Facebook, Google+ et les sites de curation type Pearltrees ou Diigo, Pinterest a longtemps fait office de petit nouveau un peu à la traîne. Lancé en 2010, Pinterest semblait ne s’adresser qu’à une partie de la sphère web. Pourtant, depuis quelques semaines, ce réseau fait beaucoup parler de lui et est perçu comme le concurrent direct de Facebook, le seul à pouvoir le concurrencer, voire même le détrôner.
Le principe même de Pinterest n’est pas révolutionnaire : il s’agit de sélectionner des informations qu’on a repérées et de les épingler sur son mur. Photo, musique, vidéo, tout y passe. On peut organiser ces informations les partager, épingler celles trouvées chez d’autres… Un peu à la manière des partages Facebook…
Sans crier gare, le petit réseau social a su tirer son épingle du jeu et compte de plus en plus d’utilisateurs (même si le nombre est encore bien loin d’égaler un Facebook). La qualité première de Pinterest est sa dimension visuelle : on épingle un site qui nous a plu et il apparaît sur le tableau avec une image. Un peu comme le bon vieux tableau en liège sur lequel on épinglait les articles découpés dans les magazines. Pinterest, c’est un peu le tableau de tendances personnel des utilisateurs.
Et c’est ce qui fait de Pinterest un outil social avec lequel il faut désormais compter. Son utilisation intuitive, sa présentation, son contenu sans cesse augmenté, en font l’un des réseaux au plus fort virtuel. En ajoutant à cela le fait qu’il est encore impossible de s’y inscrire sans une invitation (un peu come Google+ à ses débuts), la hype est à son comble.
Fort d’une audience surtout féminine, Pinterest tend à devenir incontournable sur certaines thématiques comme la mode et les loisirs créatifs. Certaines marques ne s’y sont d’ailleurs pas trompées et ont ouvert leur compte très rapidement aux Etats-Unis. C’est le cas, notamment, d’Urban Outfitters qui l’utilise pour promouvoir ses collections.
Pourtant, une petite ombre plane sur le tableau : alors que les réseaux sociaux traditionnels ont débuté de façon quasi « bénévole », Pinterest a intégré une politique de gain dès le départ (ou presque). En effet, pour peu qu’un utilisateur épingle un lien vers un site de e-commerce, Pinterest modifie le lien automatiquement pour en faire un lien d’affiliation. Ainsi, le réseau gagne de l’argent sur toutes les transactions générées par lui. Si, pour le moment, aucune rébellion ne s’est fait sentir à ce sujet, il se pourrait qu’à l’avenir les utilisateurs de Pinterest réclament leur part du gâteau…
Audrey Rochas
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L'actu des réseaux - 15/02/2012